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Équations différentielles linéaires

Première année (sup) · MPSI, PCSI

Cadre et notations

Dans toute la fiche, K=R\K = \R ou C\C, II est un intervalle, et les fonctions a,b,f:I→Ka, b, f : I \to \K sont continues. Une solution sur II d'une équation différentielle est une fonction dérivable (deux fois dérivable pour l'ordre 2) sur II qui vérifie l'équation en tout point de II.

Équations du premier ordre

On considère l'équation (E):y′+a(x)y=b(x)(E) : y' + a(x) y = b(x) et l'équation homogène associée (H):y′+a(x)y=0(H) : y' + a(x) y = 0.

Théorème. Soit AA une primitive de aa sur II.

  1. Les solutions de (H)(H) sur II sont les fonctions x↦λe−A(x)x \mapsto \lambda e^{-A(x)}, λ∈K\lambda \in \K.
  2. Si ypy_p est une solution de (E)(E) sur II, les solutions de (E)(E) sur II sont les fonctions yp+yhy_p + y_h, où yhy_h décrit les solutions de (H)(H).
  3. Problème de Cauchy : pour tous x0∈Ix_0 \in I et y0∈Ky_0 \in \K, il existe une unique solution yy de (E)(E) sur II telle que y(x0)=y0y(x_0) = y_0.

Variation de la constante. La fonction y:x↦λ(x)e−A(x)y : x \mapsto \lambda(x) e^{-A(x)}, avec λ\lambda dérivable sur II, est solution de (E)(E) si et seulement si λ′(x)=b(x)eA(x)\lambda'(x) = b(x) e^{A(x)} pour tout x∈Ix \in I.

Principe de superposition. Si y1y_1 est solution de y′+ay=b1y' + a y = b_1 et y2y_2 de y′+ay=b2y' + a y = b_2, alors λy1+μy2\lambda y_1 + \mu y_2 est solution de y′+ay=λb1+μb2y' + a y = \lambda b_1 + \mu b_2.

Équation non normalisée. Pour α(x)y′+β(x)y=γ(x)\alpha(x) y' + \beta(x) y = \gamma(x), on résout sur chaque intervalle où α\alpha ne s'annule pas, en divisant par α\alpha. Aux points où α\alpha s'annule, on étudie à part le raccordement des solutions : il peut n'y avoir aucune solution sur l'intervalle entier, ou une infinité.

Équations du second ordre à coefficients constants

Soient p,q∈Kp, q \in \K et (E):y′′+py′+qy=f(x)(E) : y'' + p y' + q y = f(x), d'équation homogène (H):y′′+py′+qy=0(H) : y'' + p y' + q y = 0. L'équation caractéristique est r2+pr+q=0r^2 + p r + q = 0.

Théorème (solutions complexes). On suppose K=C\K = \C.

  1. Si l'équation caractéristique a deux racines distinctes r1r_1 et r2r_2, les solutions de (H)(H) sur R\R sont les fonctions x↦λer1x+μer2xx \mapsto \lambda e^{r_1 x} + \mu e^{r_2 x}, (λ,μ)∈C2(\lambda, \mu) \in \C^2.
  2. Si elle a une racine double rr, ce sont les fonctions x↦(λ+μx)erxx \mapsto (\lambda + \mu x) e^{r x}, (λ,μ)∈C2(\lambda, \mu) \in \C^2.

Théorème (solutions réelles). On suppose p,q∈Rp, q \in \R et on cherche les solutions à valeurs réelles. Soit Δ=p2−4q\Delta = p^2 - 4q.

  1. Si Δ>0\Delta > 0, de racines réelles r1≠r2r_1 \neq r_2 : x↦λer1x+μer2xx \mapsto \lambda e^{r_1 x} + \mu e^{r_2 x}, (λ,μ)∈R2(\lambda, \mu) \in \R^2.
  2. Si Δ=0\Delta = 0, de racine double rr : x↦(λ+μx)erxx \mapsto (\lambda + \mu x) e^{r x}, (λ,μ)∈R2(\lambda, \mu) \in \R^2.
  3. Si Δ<0\Delta < 0, de racines α±iω\alpha \pm i\omega avec α∈R\alpha \in \R et ω>0\omega > 0 : x↦eαx(λcos⁡(ωx)+μsin⁡(ωx))x \mapsto e^{\alpha x} \big( \lambda \cos(\omega x) + \mu \sin(\omega x) \big), (λ,μ)∈R2(\lambda, \mu) \in \R^2.

Théorème. Les solutions de (E)(E) sur II sont les yp+yhy_p + y_h, où ypy_p est une solution particulière de (E)(E) sur II et yhy_h décrit les solutions de (H)(H). Pour tous x0∈Ix_0 \in I et (y0,y1)∈K2(y_0, y_1) \in \K^2, il existe une unique solution yy de (E)(E) sur II telle que y(x0)=y0y(x_0) = y_0 et y′(x0)=y1y'(x_0) = y_1.

Second membre f(x)=Aemxf(x) = A e^{m x} (A,m∈CA, m \in \C). Il existe une solution particulière de la forme x↦Bxkemxx \mapsto B x^k e^{m x} avec B∈CB \in \C, où k=0k = 0 si mm n'est pas racine de l'équation caractéristique, k=1k = 1 si mm en est racine simple, k=2k = 2 si mm en est racine double. Pour f(x)=Acos⁡(ωx)f(x) = A \cos(\omega x) ou Asin⁡(ωx)A \sin(\omega x) avec p,q,A,ωp, q, A, \omega réels, on résout avec AeiωxA e^{i\omega x} puis on prend la partie réelle ou la partie imaginaire.

Pièges fréquents

  • Résoudre α(x)y′+β(x)y=γ(x)\alpha(x) y' + \beta(x) y = \gamma(x) sans se placer sur un intervalle où α\alpha ne s'annule pas.
  • Écrire les solutions réelles avec des constantes complexes, ou l'inverse.
  • Oublier le facteur xkx^k quand le coefficient mm du second membre est racine de l'équation caractéristique.
  • Ajuster les constantes d'un problème de Cauchy sur la solution homogène seule, avant d'avoir ajouté la solution particulière.

S'entraîner : exercices d'équations différentielles