Séries numériques et familles sommables
Deuxième année (spé) · MP, PSI
Cadre et notations
Dans toute la fiche, et sont des suites complexes. La série est la suite de ses sommes partielles . Elle converge si a une limite finie , appelée somme de la série et notée ; le reste d'ordre est alors , et . La nature d'une série est le fait qu'elle converge ou diverge.
Premières propriétés
Proposition (divergence grossière). Si converge, alors . La réciproque est fausse : diverge.
Proposition (lien suite-série). La suite converge si et seulement si la série converge.
Proposition (séries géométriques). Pour , la série converge si et seulement si , et alors .
Séries à termes positifs
Dans cette section, et pour tout .
Proposition. La série converge si et seulement si la suite de ses sommes partielles est majorée.
Théorème (comparaison).
- Si à partir d'un certain rang : si converge, alors converge ; si diverge, alors diverge.
- Si (en particulier si ) et si converge, alors converge.
- Si , alors et ont la même nature.
Proposition (séries de Riemann). Pour , la série converge si et seulement si .
Théorème (comparaison série-intégrale). Soit continue par morceaux et décroissante. Pour tout entier :
La série converge si et seulement si est majorée sur , c'est-à-dire si et seulement si l'intégrale converge.
Convergence absolue
Théorème. Si converge, alors converge, et .
Une série convergente qui ne converge pas absolument est dite semi-convergente. Pour une série à termes de signe quelconque, le théorème de comparaison s'applique à : si avec et convergente, alors converge absolument.
Règle de d'Alembert. Si à partir d'un certain rang et :
- si , la série converge absolument ;
- si , elle diverge grossièrement ;
- si , on ne peut pas conclure : diverge et converge.
Théorème (séries alternées). Soit une suite réelle décroissante de limite nulle. Alors la série converge ; son reste vérifie et a le signe de .
Sommation des relations de comparaison
Théorème. Soit une suite positive.
- Si converge et si (resp. ), alors converge et (resp. ).
- Si diverge et si (resp. ), alors (resp. ).
- Si : en cas de convergence, les restes sont équivalents ; en cas de divergence, les sommes partielles sont équivalentes.
Produit de Cauchy
Théorème. Si et convergent absolument, alors, avec , la série converge absolument et
Familles sommables
Dans cette section, est un ensemble dénombrable (en bijection avec ).
Définition.
- Pour une famille d'éléments de , sa somme est . La famille est sommable si cette somme est finie.
- Une famille de nombres complexes est sommable si la famille l'est.
Pour , la famille est sommable si et seulement si la série converge absolument, et les deux sommes coïncident. La somme d'une famille sommable ne dépend pas de l'ordre de ses termes.
Théorème (sommation par paquets). Soit une partition de en parties ( fini ou dénombrable).
- Pour une famille d'éléments de , on a toujours, dans : .
- Pour une famille complexe sommable, chaque sous-famille est sommable, la famille des sommes est sommable, et la même égalité a lieu.
Théorème (Fubini pour les séries doubles). Soit une famille complexe. Si , la famille est sommable et
Pour une famille d'éléments de , l'interversion est toujours permise, sans hypothèse.
Pièges fréquents
- Conclure à la convergence de parce que .
- Utiliser les équivalents pour une série dont le terme général n'est pas de signe constant : et sont équivalents, converge et diverge.
- Appliquer le critère des séries alternées sans vérifier que est décroissante.
- Intervertir deux sommes sans avoir vérifié la sommabilité (ou la positivité).